Ce mois-ci, vous n'avez pas pu passer à côté de la FIAC ou de la collection Chtchoukine à la Fondation Louis Vuiton. Les expositions phares de la rentrée comme Magritte et Rembrandt continuent quant à elles de faire des émules. Et bien, chez Graffink : lumière sur les galeries ! Au programme : le mythique Charles Burns et ses bandes dessinées trash et fascinantes, les installations lunaires et mystérieuses de Hans Op De Beeck et même une ribambelle d'artistes contemporains qui ont comme point d'accroche le papier. Cet automne promet d'être riche en découvertes...

·       Charles Burns | Galerie Martel | Jusqu'au 3 décembre 

Charles Burns est une figure mythique du comics américain, et particulièrement des bandes dessinées underground. "Black Hole" est l'un de ses best seller et raconte l'histoire d'une maladie qui contamine sexuellement les adolescents en leur faisant subir d'étranges mutations physiques. On lui connait aussi la trilogie "Toxic" qui compte les aventures d'un double parodique de Tintin, accro aux drogues. On est décidément loin de s'ennuyer avec ce cher Burns. Son trait graphique est aussi mis en avant dans de nombreuses expositions. Pour celle ci, vous pourrez découvrir ces deux derniers ouvrages "Vortex" et "Love Nest" qui ne sortent officiellement qu'en novembre mais dont vous pourrez vous procurer quelques exemplaires à la galere Martel. Sublime et angoissant à souhait.




·       Hans Op De Beeck "Saisir le silence" | Le 104 | Jusqu'au 31 décembre 

Le 104 a mis à disposition de l'artiste cinq petites salles soit cinq façons de nous montrer son univers à travers des installations, des sculptures, mais aussi des vidéos. Toujours à travers une atmosphère mystérieuse et une lumière quasi lunaire, Hans Op De Beeck parvient à nous happer dans une ambiance qui se rapprocherait presque de la réalité. Ses installations architecturales nous donnent en effet l'impression d'un arrêt sur image même si un élément reste toujours en action ; un feu de bois, de l'eau qui coule. C'est une belle façon de saisir le silence, apaisante et étonnante.





·       Jan Kalab "Pluriforme" | Galerie Openspace | Jusqu'au 12 novembre

Jan Kalab est un artiste issu du milieu du street art et de la génération des pionniers du graffiti. "Pluriforme" est sa première exposition personnelle en France. Comme son nom l'indique, il est question d'une multitude de formes, bien souvent sphériques, explorant sans cesse les notions de vide et de plein, de surface et de profondeur, de support et de projection. Tantôt aplaties et tantôt en mouvement, les œuvres de Jan Kalab prennent vie et soulignent une nouvelle forme de langage, abstraite et colorée.




·       Paperworks | Galerie Laurent Strouk | Jusqu'au 11 novembre

"Paperworks" est une exposition collective qui réunit vingt-huit artistes contemporains autour d'un ensemble inédit d’œuvres sur papier. Parmi eux, de grands noms comme Jean Michel Basquiat, Keith Haring, César ou encore Yves Klein. Chacun d'eux, par leur travail, met en lumière la diversité et la richesse de ce medium et dresse par la même occasion une sublime palette des courants majeurs de l'Histoire de l'Art. 




·       Jeremy Booth "The Simple Life" | Galerie Sergeant Paper | Jusqu'au 29 octobre 

Jeremy Booth est un grand amoureux de l'architecture et du design, alors quelle meilleure façon pour ce graphic designer que de nous le prouver par de belles illustrations. "The Simple Life" est une exposition qui rend hommage à l’architecture américaine des 50, une période où la tradition laissait place à la modernité et à un design plus lisse et contemporain. On vous en parle d'ailleurs plus en détails dans notre article dédié publié récemment.




·       Broll & Prascida "Camouflages" | Slow Galerie | Jusqu'au 12 novembre 



L'exposition "Camouflages" de Broll & Prascida a également fait l'objet d'un article plus approfondi publié sur le blog. Broll & Prascida, de son vrai nom Anne-Charlotte Laurant, a un style exotique et créatif qu'elle parvient à mettre en forme par des milliers de petits points. Adepte des jeux visuels et des métaphores, "Camouflages" vous invite à une subtile partie de cache-cache tropical. Une exposition poétique et malicieuse.






Pour sa première exposition solo, l’illustratrice Anne-Charlotte Laurans alias Broll & Prascida a choisi la Slow Galerie pour dévoiler son univers exotique et créatif. A voir jusqu’au 12 novembre.
Broll & Prascida, un nom qui sonnerait comme le titre d’une revue trendy, l’enseigne d’une marque d’accessoires scandinaves ou même le nom d’un groupe électro pop. Il n’en est rien, et l’explication est en réalité beaucoup plus touchante. Ces deux mots font référence à deux langues imaginaires inventées par le neveu de l’artiste à ses deux ans. Un choix qui représente bien son univers créatif, à la fois insouciant et poétique.

Broll & Prascida aime créer des univers étranges et imaginaires peuplés de bêtes à plumes, à poils et à écailles. Ses œuvres, oniriques à souhait, ne sont pas sans rappeler l’aspect visuel des gravures. En effet, l’artiste dessine en faisant des milliers de petits points avant d’arriver à un résultat fin et minutieux, un vrai travail d’orfèvre.
« Camouflages » est une exposition qui s’intéresse aux métamorphoses et aux jeux visuels. Comme pour le caméléon, les animaux se confondent parmi une jungle dense et sauvage et nous invitent à une partie de cache cache tropical. Et quoi de mieux que laSlow Galerie pour accueillir cet univers si particulier ? La galerie avait déjà réservé un mur végétal pour l’illustratrice Lucille Clerc et ses compositions florales. Par sa conception boisée et pleine de verdure, c’est un endroit qui se marie à merveille avec des expositions de ce style.

Née en 1986, Broll & Prascida s’est formée à l’école d’art Olivier de Serres, a travaillé quelques années en agence de publicité (DA chez TBWA, BETC, Young & Rubicam) avant de choisir le métier d’illustratrice au sein de l’Agence Karine Garnier. Chaque projet porte sa signature, celle d’un dessin remarquable par sa précision et son réalisme, toujours empreint d’une exubérante poésie.

Article à retrouver ici

« Camouflages » de Broll & Prascida
Jusqu’au 12 novembre
Slow Galerie
5 Rue Jean-Pierre Timbaud, 75011 Paris

Jeremy Booth présente sa première exposition française intitulée « The Simple Life » où les œuvres minimalistes font écho à l’Amérique rétro des années 50. A voir jusqu’au 29 octobre à la galerie Sergeant Paper.
Jeremy Booth, c’est d’abord un grand amoureux d’architecture et de design. Cette passion associée à celle du design graphique l’ont conduit à réaliser une série d’illustrations sur le thème des façades architecturales américaines et des objets familiers du milieu des années 50, qu’il intitulera « The Simple Life ».
Non, il ne s’agit pas d’une quelconque forme de témoignage à cette délicieuse émission animée par les très distinguées Paris Hilton et Nicole Richie. Par cette exposition, l’artiste a souhaité mettre en forme son amour pour le design à cette époque du XXème siècle : On y observe une réelle rupture avec l’architecture traditionnelle ; les surfaces deviennent plus lisses, les éléments décoratifs disparaissent pour laisser place à un style plus régulier et moderniste. 

Jeremy Booth et sa maîtrise saisissante des jeux d’ombres et de lumières

Les réalisations de Jeremy Booth appartiennent sans conteste à cette mouvance de création visuelle minimaliste, soutenue par des couleurs vives, des formes franches, et un fort pouvoir évocateur. Au même titre que ses créations sur l’architecture et le mobilier, on pense également au travail de Thomas Danthony et ses rêveries à la nuit tombée ou encore à celui de Malika Favre et son obsession pour les lèvres bien maquillées.
Jeremy Booth est un jeune artiste prometteur dont les capacités créatives au niveau professionnel sont déjà bel et bien reconnues. En effet, Jeremy a déjà travaillé pour Amazon, Samsung ou encore MetaLab.
Venez vite découvrir ses fabuleuses illustrations ponctuées de jeux d’ombres et de lumières qui vous feront voir l’architecture américaine d’un autre œil !
Article à retrouver ici

« The Simple Life » par Jeremy Booth
Du 13 au 29 octobre
Galerie Sergeant Paper
38, rue Quincampoix, 75004 Paris



Fondée par le couple finlandais Aapo et Miia Bovellan en 2011, l'agence Proxy est basée à Londres. C'est une agence de création spécialisée dans le "capital-risque créatif". Kézaco ? Et bien l'agence investit dans différentes start-ups et les accompagne afin de définir le positionnement, le ton de la marque, mais aussi leur identité visuelle (charte graphique etc...) pour permettre à l'entreprise de se développer au mieux.

Le processus de création de l'agence commence toujours de la même façon, avec ce que Bovellan appelle la "brand culture workshop".

"Nous essayons de définir les ambitions et les croyances des fondateurs de l'entreprise de façon très concise, avec la création d'un simple mémo...les questions que l'on se pose sont les suivantes : quel genre de marque veut-on que ce soit ? Pour quelles raisons sera t-elle connue ? Qu'est-ce qui les différenciera des autres marques ?" *

Ils développent ensuite le cœur de l'identité de la marque, ce qu'on appelle communément l'ADN de marque, en incluant une charte graphique complète. Ensuite ils déclinent l'identité visuelle crée à travers différents supports : l'UX, l'UI, des packagings, des présentations pour les investisseurs, des supports de marketing ou de communication...des choses très pratiques et concrètes dont ont besoin les marques rapidement pour se faire connaître.

Proxy se concentre uniquement sur un petit panel de clients, mais qui présente à chaque fois une certaine originalité dans le service proposé. Ils choisissent beaucoup de leurs clients en Finlande, car c'est le pays d'origine des fondateurs, mais aussi pour la qualité de vie que véhicule ce pays : une bonne éthique au travail, des salaires égaux, un haut niveau d'éducation etc.

Focus maintenant sur deux de leurs derniers projets !

Another Place est un des derniers projets sur lequel à travaillé l'agence. C'est un jeu disponible sur SmartPhone crée par une équipe de développeurs en 2012. Les visuels montrent l'étape de la création du logo du jeu, mais aussi les différents visuels utilisés pour les supports de communication très variés.











Le projet Paptic est finlandais. La marque a développé un matériau révolutionnaire pour créer des sacs avec des fibres de bois mais tout en combinant les propriétés du plastique. La marque Body Shop ne s'y est pas trompé et a récemment participé à une opération avec la marque pour promouvoir une nouvelle façon de consommer plus éthique.









Alors, séduits par l'agence ?



*https://www.creativereview.co.uk/proxy-venture-capital-meets-branding/


Lola Tinnirello, alias Laho, est notre nouvelle graphiste de la semaine. On a découvert le fabuleux travail de Laho aux détours d’Instagram. Son univers coloré et psychédélique nous a tout de suite sauté aux yeux, et ses nombreuses collaborations nous ont poussé à en savoir plus sur cette artiste aux œuvres singulières.

Laho a débuté par des études de graphisme à l’ESAA Duperré à Paris, puis l’IADE à Lisbonne, pour finir à l’IUP d’arts appliqués de Montauban. Elle s’est ensuite spécialisée dans le dessin, où ses créatures étranges s’entrecroisent dans des contrées fantastiques et fantasmées.

Laho met également sa créativité à contribution pour des projets liés à l’édition, la sérigraphie et l’espace urbain, et vous pouvez retrouver ses œuvres dans plusieurs galeries parisiennes telles que la Slow galerie, Arts Factory et le Pied de Biche.

Ta dernière collaboration ? 

Un dessin pour les cartes illustrées éditées par Momonga, une peinture dans le 20ème arrondissement. 



Choisi un de tes travaux / projets, et explique-nous pourquoi c’est ton préféré.

Il y a quelques années j'avais sorti un grand dessin sur fond noir, qui était l'illustration d'un conte inuit. Je le trouve réussi dans les associations des différentes matières et couleurs, ainsi que dans la composition. C'est comme un témoignage de l'évolution de mon travail et plus globalement des étapes traversées pour arriver jusqu'à aujourd'hui.


Quels sont tes plans pour l’avenir ?

En ce moment je développe de nouvelles choses, qui viennent compléter ma pratique du dessin pur: le tatouage et la céramique. C’est toujours stimulant de varier les médiums et les techniques, et j'espère pouvoir continuer à aménager ma vie de cette façon. Il y a aussi une exposition en solo qui se prépare pour l’été prochain dans une galerie parisienne.

Coup de cœur du moment ? (graphiste, innovation, agence…) ?

J'ai découvert il y a peu de temps les peintures de Yuichi Yokoyama: la prochaine étape sera la lecture de sa dernière bande dessinée La salle de la mappemonde, aux Editions Matière.


Ce que tu écoutes en travaillant ?

Pendant la recherche d’idées je préfère être au calme. Le son arrive avec la couleur. J’aime bien continuer à emmagasiner du savoir quand je dessine alors j’écoute souvent des podcasts d'émissions, ou bien des playlists sur internet qui m’emmènent dans la découverte de nouveaux artistes. 

Un conseil à donner / message à faire passer ?

Peut-être ne pas hésiter à se donner à fond pour une pratique qui nous anime à l'intérieur ?!

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